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AU BOULOT, PRENEZ VOS RESPONSABILITÉS


Prendre la responsabilité de passer outre la procédure, c'est prendre le risque de s'ouvrir à plus de liberté.


Avez-vous vu Sully, le film de Clint Eastwood avec Tom Hanks ? C’est l’histoire vraie d’un commandant de bord dont l’avion menace de se crasher près de New York. Sully (c’est le pilote) décide de ne pas respecter la procédure de retour de l’avion vers l’aéroport et le pose sur l’eau, sauvant tous ses passagers. S’ensuit une enquête au cours de laquelle il lui est reproché de n’avoir pas respecté les consignes de sécurité. Pourtant, c’est un héros.


Quand le film est sorti en salles, il y a deux ans et demi, je n’ai pas pu le voir. Le jour où je suis allé au cinéma, nous étions 11 de trop dans la salle. Du coup, certains d’entre nous étaient assis par terre. Ils s’en trouvaient d’ailleurs fort bien, mais la responsable a refusé de projeter le film, expliquant que nous devions sortir en vertu du règlement de sécurité. J’ai eu beau aboyer, excédé, que 11 spectateurs de trop dans une salle de 300 places ne risquaient pas de mettre le feu au cinéma, ce fut peine perdue. J’ai finalement vu le film en VOD quelques mois plus tard.


Nous rencontrons de même, dans le travail, des profils dont la spécialité est l’application de la règle et de l’usage. Ils prononcent des phrases comme «On n’a jamais fait ça avant», «Ça ne se fait pas», «Ce n’est pas possible» ou encore «Le client ne comprendra pas».


Ils posent des questions comme «Y a-t-il un process pour cela ?». Quand je vois ces control freaks, ces as de la vérification, ces obsédés de la ligne jaune, ces alchimistes du verrouillage, j’ai l’impression qu’ils considèrent le travail comme une forêt de bonsaïs dont il faut tailler les branches.


Il y a quinze jours, «on» m’a refusé l’entrée d’un tout petit chien dans une salle de colloque au prétexte que «ce n’est pas permis». On a bien fait car le petit chien aurait pu faire pipi sous un siège ou dévorer un consultant. Il y a une semaine, «on» a accepté le même petit chien dans une salle de colloque en dérogeant au règlement. Il a rapidement été repéré par le public, qui l’a adopté. Il en a résulté une atmosphère conviviale et joyeuse parmi l’assistance qui a contribué en partie à la réussite de la rencontre.


Peut-être le chien a-t-il fait pipi sous un siège, qui sait… Mais quand je mets dans la balance le risque du pipi et l’ambiance positive créée par l’animal, je me dis que le responsable de la sécurité a pris la bonne décision. Comme Sully, quand il a posé son avion au mépris des consignes de sécurité.


Prendre ses responsabilités, ce n’est pas, en définitive, appliquer un règlement à la lettre comme pourrait le faire, par exemple, une chèvre. Non, prendre ses responsabilités, c’est savoir quand il est utile et payant de s’affranchir de la règle. On n’est jamais certain du résultat, on ne peut qu’en avoir l’intuition. Cela demande des qualités émotionnelles et des talents d’analyse qui ne s’enseignent pas vraiment et ne s’écrivent pas dans un cahier de procédures.


En renonçant à appliquer un règlement, on ouvre le monde en deux, on bascule dans une autre dimension, l’exception. Et on fait un pari optimiste sur le résultat qui s’ensuivra.


Dans l’univers du travail, prendre la responsabilité d’ignorer la procédure, le règlement ou la convention, c’est – parfois la peur au ventre – se confronter à l’incertitude, à la solitude et à la liberté.


David Abiker


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